4 suppressions de postes évoquées pour la rentrée prochaine. 3 postes en moins en 2011. 3 postes supprimés en 2010.
«Cela fait 10 postes en moins en trois ans !» Ce professeur de Lettres et d’ Histoire du lycée Irénée Cros, écœuré, a fait les comptes.
L’établissement professionnel appaméen (spécialisé dans la productique, l’électrotechnique, la maintenance automobile ou encore la carrosserie), comme les autres lycées professionnels du département, n’a pas été épargné par les suppressions de postes.
Et si la situation est dure pour ceux qui doivent quitter leurs postes, elle ne l’est pas moins pour ceux qui restent. Aujourd’hui, évoquant des «classes surchargées», beaucoup jugent la situation «intenable», «ingérable»
Dans chaque matière, ils constatent les dégâts. A l’image de cette professeur d’anglais, «on me demande de faire pratiquer l’oral, mais c’est impossible dans une classe de 30 ans! Il y a une totale contradiction entre les moyens et ce que l’on nous demande de faire dans les programmes»
Idem en science, «on est 18 dans une salle prévue pour 12. Ça va même jusqu’à poser des problèmes de sécurité !» En productique, «on passe de 5 profs à 2, avec les mêmes objectifs»
Globalement, «on met les sections en concurrence. On prend des heures quelques part pour les mettre ailleurs. Résultat, ça crée un climat détestable»
«On affaiblit les équipes pédagogiques alors qu’on a affaire à des jeunes difficiles» se désole un autre enseignant. Pour un collègue, «les jeunes ne sont pas forcément plus durs qu’avant, mais à force de surcharger les classes...»
Enfin, pour ce professeur de Lettres, le risque est aussi d’affaiblir le tissu économique local «ce sont des jeunes qui viennent nourrir les entreprises locales et le tissu industriel ariégeois.
D’ailleurs, la Région a investi pour refaire à neufs les ateliers. Pourquoi saboter un outil qui fonctionne ?»
Grève, visite à l’Inspection Académique, manifestation le samedi 4 février, ces enseignants ne veulent pas baisser les bras.
Pourtant, le découragement prend parfois le dessus. Au point que l’«on est plusieurs à se demander si on va avoir le courage de rester dans la profession»
Même son de cloche pour celui qui «a passé 10 ans dans une entreprise avant d’enseigner» et qui se pose aujourd’hui la question de faire marche arrière.
En Ariège en cinq ans, ce sont les lycées professionnels qui ont été le plus durement touchés par les suppressions de postes, avec 26 enseignants en moins.
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