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Saint-Girons: plus de travail et bientôt plus de toit
03/02/2012 | 19:35
© MidiNews (archives)

Le désarroi est total.

Alors que les courbes du chômage ne cessent de plonger comme une onde de choc qui se propagerait du niveau national au niveau local, la Maison des Chômeurs, déjà installée depuis sa création dans des locaux temporaires aimablement mis à sa disposition par l’ARCSI, se retrouvera à compter du 1er mars, sans toit.

«Ici nous accueillons un public de plus en plus nombreux avec la crise qui s’aggrave», concède Christian Bardina, le responsable de la structure Saint-Gironnaise MACS 09 (Mobilisation Ariégeoise de Chômeurs Solidaires) qui a ouvert ses portes en novembre 2010.

«Un public de jeunes, de plus de 40 ans et de plus en plus de jeunes mères isolées [...]

Nous leur apportons un service que Pôle Emploi, débordé du fait de cette recrudescence, n’est pas toujours capable de leur apporter. En premier lieu un accueil et une écoute
»

De fait, dans la plupart des grandes villes de France, des structures d’accueil des chômeurs se sont montées, comme à Saint-Gaudens, la structure «locale» de référence, sous l’égide du MNCP, le mouvement national des chômeurs et précaires.

Par son action de défense, de préservation et d’accompagnement de toutes ces personnes laissées au bord du chemin, cette dernière a progressivement gagné ses lettres de noblesse devenant l’interlocuteur privilégié des services de l’état et admis à siéger dans les comités de liaison territoriaux pour l’emploi.

Même les services de Pôle emploi considèrent leurs interventions comme un appui complémentaire, souvent indispensable pour accompagner les demandeurs d’emplois.

«Pour l’anecdote, confie M. Bardina, une personne a trouvé chez nous des renseignements sur l’ATS -allocation transitoire de solidarité- qui remplace depuis peu l’allocation équivalence retraite -AER- car ce jour là, en tous les cas, personne n’était en mesure de lui fournir l’information à Pôle emploi»

Problème de surcharge pour ces personnels, de manque de temps et de formation aussi, compliqué par un turn-over important dans le personnel.

Un rôle donc assis sur une reconnaissance des usagers qui n’est plus à démontrer.

Las déjà installée dans des conditions précaires qui ne permettent ni d’afficher des offres d’emploi ou d’installer des moyens matériels (notamment informatiques) pérennes, la maison de tous les chômeurs sera «SDF» pour reprendre l’expression de son président, Didier Rouaix en mars.

«Nous avons alerté les collectivités locales et en particulier la municipalité de Saint-Girons qui vient par l’intermédiaire de son premier adjoint de nous donner une réponse défavorable à notre demande de local, poursuit-il.

Pour l’instant, nous n’avons aucune solution et le temps presse car il nous faudra une période certaine pour prévenir nos usagers»

La période est à celle des cérémonies des vœux et dans bien des discours est revenu le mot solidarité en ces moments difficiles, pourtant personne n’a manifesté à ce jour une volonté de trouver une solution durable pour trouver un toit à cette maison des chômeurs.

«Nos relations avec les collectivités sont bonnes mais nous avons surtout le sentiment que notre action n’est pas comprise ni reconnue.

Ceci est renforcé par une perception négative du chômage certainement et de l’impression -fausse- qu’il peut y avoir doublon avec les services de Pôle emploi.

Nous ne sommes pas des hurluberlus,
s’exclame le président Rouaix, nous rendons un réel service, d’accueil, d’écoute, d’information et d’accompagnement.

Puis nous rompons l’isolement des personnes accueillies. Nous existons parce qu’il y a un réel besoin, nous avons plus de travail semaines après semaines.

Quatre à cinq personnes nous rendent visite tous les mardis, jour de notre permanence, alors rendez-vous compte si nous avions une vrai permanence 5 ou 6 jours sur 7!

De plus on constate chaque jour que monsieur tout le monde peut-être concerné, il ne s’agit pas que d’un public déjà fragilisé
»

Aussi, un dossier de présentation de la structure, de ses missions et de son utilité sociale à été adressé à toutes les communes et intercommunalités.

L’objectif? Sensibiliser, alerter, faire appel aux subventions même les plus symboliques mais surtout… trouver un local.

«Notre rayon d’action s’étend sur tout le pays Couserans (Castillon, Haut-Salat, Bas Salat et même Massat) c’est pourquoi nous souhaitons trouver un local sur la ville centre.

Avec un budget de près de 5.000 euros, financés à 90% par la structure mère, nous cherchons un lieu à loyer très modéré et si possible une mise à disposition gracieuse, même émanant de particuliers.

Avec un tel local, nous pourrions élargir nos permanences, offrir de meilleures conditions d’accueil pour un accompagnement optimisé pratique et humanisé des demandeurs d’emplois sans compter que nous disposerions d’une adresse fixe plus lisible et visible, également pour nos partenaires financiers qui hésitent aujourd’hui à nous octroyer des subventions (1 emploi sous forme de contrat aidé est en jeu) en raison de notre problème de local
»

Ce dossier adressé aux municipalités, comme une bouteille à la mer est probablement la dernière chance.

Pour l’instant peu de signes favorables ni encourageants ne se dessinent à l’horizon.

Comme d’autres, la solidarité deviendrait-elle une valeur à deux vitesses?

MACS 09
Permanence tous les mardis de 9h à 17h
1 Square Balagué (1er étage des locaux de l’Arcsi)
09200 Saint-Girons
Christian Bardina: 06 71 85 24 43

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 03/02/2012 | 19:35 | Lu: 10039 fois