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Le préfet de l'Ariège en visite dans les structures d'accueil et d'hébergement d'urgence
13/02/2012 | 19:58
© MidiNews 2012
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Salvador Pérez, préfet de l’Ariège, avait assuré lors de la présentation à la presse du plan hiver 2011-2012 que personne ne resterait dans la rue dans le département où le plan grand froid a été activé depuis plusieurs jours.

Et pour toucher du doigt la réalité du terrain, il n’a pas hésité à se déplacer dans la soirée à l’accueil de jour de l’association Chélidoine à Foix où près de 80 personnes transitent tous les jours.

Une manière pour le représentant de l’Etat de se rendre compte de la qualité et de l’organisation du travail: «il faut être aujourd’hui en mesure d’ajuster la demande aux nécessités du terrain, aux capacités d’accueil, vérifier que la demande est satisfaite et monter en puissance si la situation le nécessite […] je suis là pour écouter et tenter d’apporter une solution»

Thierry Remeuf, éducateur spécialisé dans la structure, a assisté depuis cinq ans à une augmentation de 20% de la fréquentation de l’accueil.

Pour lui, ce n’est pas neutre car à côté les moyens sont restés stables voire diminuent.

En 2011, 15 000 personnes ont franchi le seuil de l’accueil de jour Chélidoine, soit 80 par jour alors qu’il y en avait à peine une cinquantaine il y a quelques années.

Une fréquentation à la hausse, des bénéficiaires qui se diversifient eux aussi: «on avait jusqu’à présent des SDF, des bénéficiaires de minimas sociaux, là nous commençons à travailler avec des retraités, des jeunes, des familles qui demandent des prestations sociales […]

On assiste à une paupérisation des gens qui ont de faibles revenus ou qui ne sont plus en capacité de rentrer dans le droit commun: ils ont des conduites additives, des problèmes psychiatriques […] bref on se retrouve confronté à des gens qui théoriquement ne dépendraient pas de nos structures.

Nous sommes amenés à travailler avec des assistantes sociales, la préfecture, la DDCSPP.

En plus de cela il y a les demandeurs d’asile, nous recevons des subventions du Conseil général et de l’Etat, elles sont fixes depuis longtemps alors que le nombre de dossiers ne cesse d’augmenter […]

Il y a tellement de familles hors les clous que l’on laisse à la rue...
»

L’accueil jour fait comme son nom l’indique de l’accueil, il offre aussi des prestations (colis alimentaires, douche, laverie, vestiaire) et propose un relais contact social.

Il fonctionne avec trois personnes (trois animateurs sociaux et une animatrice à mi-temps: «ici nous n’acceptons pas de bénévoles car il s’agit d’une prise en charge professionnelle pour maintenir la sécurité des usagers» poursuit Thierry qui n’a pas hésité à évoquer avec le préfet le manque de moyens financiers de son association.

Pour Salvador Pérez, «le travail de proximité est important, personne ne doit rester dans la rue sur la base de la liberté de chacun […]

Nous avons conscience de la mise à l’abri des gens pour les protéger et nous travaillons aussi sur un hébergement d’urgence pérenne mais c’est un autre dossier
»

Actuellement et pour cause de grand froid, l’hébergement de jour est ouvert de 8h30 à 19h afin de faire le lien avec l’hébergement de nuit et de laisser le moins de personnes possible dans la rue.

A Foix 16 places sont disponibles à l’Auberge du Pont de l’Echo et 6 en accueil de nuit. A Pamiers c’est une vingtaine de places, 4 à Saverdun et 6 à Lavelanet.

Par rapport au grand froid, une dizaine de places supplémentaires sont disponibles à Pamiers et un gymnase a été ouvert à Saint-Girons afin de répondre à la demande si le besoin se fait sentir.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/02/2012 | 19:58 | Lu: 7512 fois