Emmanuel Chemineau (agro-écologiste) et sa femme Muriel ont fait ensemble un choix de taille il y a quelques années déjà: celui de se diriger peu à peu vers l’autosuffisance alimentaire, pour eux et leurs trois enfants.
Sur les hauteurs de Saverdun, la famille cultive des céréales, des légumes, des fruits; et élève des poules, des brebis, des lapins, un porc, et une chèvre (pour le lait).
Il y a aussi la production du miel. Et sur les 6 hectares de la ferme, une partie est en forêt. De quoi se fournir pour le bois de chauffage.
Le but est simple: produire sur place et soi-même une partie de l’alimentation quotidienne.
«Ce n’est pas de l’autarcie !» prévient aussitôt Emmanuel, qui admet aller aussi au supermarché comme tout le monde quand il faut.
«Le but n’est pas d’être à part, en rupture. On vit dans notre monde. On a des ordinateurs [...] Et on vit en relation avec tout un tas de personnes»
«Je dirais que ça correspond à ma conception d’une vie réussie» résume Muriel qui cherche les mots pour décrire ce fonctionnement, «c’est un peu comme le contraire du virtuel» Une quête de sens en somme.
Pour ces deux personnes qui ont grandi en ville, c’est une manière «de retrouver une certaine autonomie, un lien avec la terre qu’on avait perdu»
Car selon Emmanuel, «avec l’artificialisation de la société, on a perdu de la maîtrise sur nos vies. Le fait de dire: on consomme ce pour quoi nos mains ont travaillé, c’est quand même tout à fait autre chose»
«Un peu comme un accomplissement» décrit le père de famille, «on a un rythme différent, au fil des saisons, de la nature, des plantes»
Bien sûr, ils ne veulent imposer ce mode de vie à personne. Et ils n’en cachent pas non plus les contraintes «on ne peut pas vivre que de ça. Il y a des factures à payer. Donc il faut aussi aller chercher du travail à l’extérieur»
Emmanuel est donc une partie de son temps formateur en agro écologie.
On imagine aussi le travail énorme que tout cela représente, surtout en été, au printemps et à l’automne.
Un travail duquel les anciens s’étaient quelque part libérés avec l’exode rural.
Un retour en arrière? Pas vraiment, répond le couple qui dit avant tout essayer «de prendre ce qu’il y a de bon à la fois dans la modernité, et dans la tradition»
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