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Greffes: comment mieux recenser les donneurs potentiels dans les hôpitaux
27/03/2012 | 20:19
© MidiNews 2012

«Saviez-vous que 80 ans, c’est un âge où on peut donner un rein ?» «Saviez-vous qu’en Midi-Pyrénées, on est très en retard concernant le repérage des donneurs potentiels ?»

Si on est plutôt habitué à voir des campagnes de communication en direction du grand public (pour inciter chacun de nous à faire un choix sur le don d’organe), c’est cette fois du côté des professionnels de santé (médecins, infirmières, aides soignantes ou encore cadres de santé) que l’agence de biomédecine est venu faire passer un certain nombre de messages au Chiva (centre hospitalier du val d’Ariège).

Le principal étant celui-ci: il reste un important travail à faire dans les hôpitaux pour améliorer le repérage des donneurs potentiels.

Car les chiffres parlent d’eux même: en 2010, 273 personnes sont décédées faute de greffe à temps.

«On perd 2 donneurs potentiels par hôpital et donc 40 sur toute la région chaque année !» a constaté Gilles Georget (médecin coordinateur du CHU de Toulouse).

Mais le sujet, sensible, touche à la morale, à l’éthique même et demande de prendre le temps d’en parler. Autant du côté des familles, que des équipes médicales.

Car il faut savoir que même si un rein ou un foie peuvent provenir de donneurs vivants, la grande majorité des organes greffés viennent de personnes décédées, en situation de «mort encéphalique»

Les donneurs potentiels sont en général repérés dans les services qui accueillent des patients dans un état grave: urgences, réanimation, neurologie, soins intensifs.

De quoi s’agit-il? Après un accident cardio-vasculaire ou un traumatisme crânien par exemple, le patient est dans le coma mais a subi une destruction irréversible du cerveau.

Dans l’hypothèse d’un prélèvement après le constat du décès, l’activité cardiaque et la respiration du défunt peuvent être maintenues artificiellement. Mais cela ne peut durer que quelques heures seulement.

Sauf si elle s’y est opposée de son vivant, les organes et tissus de cette personne peuvent servir à sauver des vies. Encore faut-il qu’elle ait été repérée...

Pour ce médecin de l’Agence de biomédecine, «ce n’est pas toujours évident pour les équipes médicales de voir entrer au bloc une personne décédée.

Donc c’est important de le penser comme une mission de soin, envers la personne qui va recevoir l’organe
»

Autre idée reçue à balayer: l’âge n’est pas, comme on pourrait le penser, un obstacle au prélèvement: plus d’un tiers ont lieu chez les plus de 60 ans. Et l’âge moyen des donneurs est de 53 ans.

Il faut ensuite bien connaître un processus qui est strictement encadré.

Premier point: c’est anonyme (entre le donneur et le receveur), gratuit (pas de rémunération au fait de donner un organe). Et la question du consentement est cruciale (il est impossible de prélever une personne qui s’y était opposé de son vivant).

Mais tout cela demande une organisation concertée: identifier les donneurs potentiels parmi les personnes décédées à l’hôpital, donner «l’alerte», renseigner un dossier informatisé, faire des vérifications bactériologiques, rechercher auprès des proches s’il y a une opposition, organiser les opérations chirurgicales, et surtout accompagner la famille jusqu’au bout.

En Midi-Pyrénées, seul 9 hôpitaux sont habilités à prélever des organes et des tissus sur une personne décédée. Le CHIVA en fait partie.

Les greffes doivent ensuite être faites dans un CHU (à Toulouse en ce qui concerne la région Midi-Pyrénées).

Et pour améliorer la situation, les objectifs ne sont pas démesurés.

Selon Sylvie Cazalot (de l’Agence de la biomédecine), «si on arrive à passer à 3 donneurs de plus dans chaque établissement de la région Midi-Pyrénées, on pourra quasiment doubler les activités de greffes»

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 27/03/2012 | 20:19 | Lu: 7282 fois