Des tas de couvertures entassées dans l’entrée. Des habits rangés dans des sacs. Une cuisine vide. Meubles démontés dans les chambres. Et dans les couloirs, plus qu’un étrange silence...
Les 19 personnes en difficulté qui étaient logées à l’Auberge du Pont de l’Echo (l’APCE) à Foix sont parties hier.
«Des grands gaillards en larme» raconte un membre de l’association qui retient les siennes, sous un soleil de printemps.
Ce vendredi, les membres de l’association et salariés se sont quand même rassemblés autour d’un café et de quelques gâteaux. Et des habitués continuent de passer, comme à la maison.
Tous partagent la même émotion depuis la lettre du préfet qui a annoncé la mort de cette structure, qui rappelons le, faisait de l’hébergement d’urgence (24h sur 24), sur les bords de l’avenue général Leclerc à l’entrée de Foix.
Pendant des années, l’APCE a donné à beaucoup un peu de répit dans des parcours difficiles, chaotiques souvent.
Le dernier jour de l’Auberge permet aujourd’hui de remonter le fil d’une histoire atypique.
Avec la création en 1994 d’un lieu à part, au début avec une SCOP et une association.
«Quand j’ai découvert l’existence de l’auberge, c’était un épiphénomène! quelque chose qu’il n’y avait pas ailleurs» se rappelle, ému, Christian Morisse (co-président de l’APCE).
«Il y avait là un lieu où des gens en difficulté eux-même essayaient de monter un projet solidaire qui ne ressemblait à rien d’autres.
C’était pas dans le caritatif qui donne et puis c’est tout. C’était un truc qui se voulait un peu expérimental»
En 2001, l’association rachète la maison rue général Leclerc. Puis l’auberge se met à remplir des missions d’hébergement d’urgence, avec trois principaux financeurs: la mairie, le Conseil général et surtout les services de l’Etat (la DDCSPP, Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations).
Une collaboration qui ne sera pas un long fleuve tranquille... avec cette dernière, les relations deviennent vite tendues.
Pour les membres de l’association, les financements ne couvrent pas les frais de fonctionnement de la structure (qui accumule les dettes).
Pour les services de l’Etat (qui voit ses budgets se réduire comme peau de chagrin), l’APCE coûte trop cher en masse salariale.
Démission du conseil d’administration (en avril 2011), reconstitution d’un nouveau, placement en redressement judicaire... malgré les remous, l’Auberge restera toujours ouverte et assurera l’accueil coûte que coûte.
Jusqu’à ce mois de mars 2012 où la liquidation est officiellement prononcée. Et les portes ferment. Fin de l’histoire.
Fin de l’histoire? «L’auberge ferme ses portes mais nous ne la fermerons pas» résume Dominique Masset, trésorier de l’APCE et militant dans l’âme.
Car les membres de l’auberge ont toujours défendu une certaine vision du travail social.
«C’est déjà de ne pas accueillir les gens que la nuit et les remettre dehors le jour» explique la directrice Magali Vivien, «c’est un accompagnement sur la vie collective et quotidienne, être accueilli dans des conditions humaines.
C’est aussi de fait de les accompagner dans les démarches d’insertion. Bref, ce n’est pas que dormir et manger»
Et évidemment cela à un coût, malvenu dans un contexte où il faut faire des économies, «quand on pense que maintenant on veut faire de l’accueil pour demandeurs d’asile qui ne coûte que 15 euros par jour. Idem pour les maisons de famille (16 euros par jour) !»
Quelques comparaisons s’imposent selon lui: «une maison de retraite de base coûte 45 euros à la journée. Et un chenil: 22 euros par jour»
Et d’ajouter, «cela revient à se demander comment planquer les pauvres derrière des murs !»
Les membres de l’association ont organisé un parrainage des 19 usagers, qui ont aujourd’hui été relogés par les services de l’Etat.
«Il n’était pas question qu’ils se retrouvent à la rue» analyse Dominique Masset, «ça aurait fait trop de bruit. Mais on sait qu’ils ont pris la place d’autres qui sont aujourd’hui à la rue»
Pour Christian Morisse, on revient à la case départ, «comment exercer des solidarités de reconstruction, et pas seulement de distribution avec des gens en difficulté?
Comment les protéger des menaces de la vie quotidienne qui les guettent? Quand ce sont des gens qui ont besoin tout simplement d’une main tendue»
La conclusion est inquiétante, «aujourd’hui, on a affaire à des épiciers qui gèrent du social, parce qu’il faut camoufler la misère»
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