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Le Couserans dans l'objectif d'Eugène Trutat
13/04/2012 | 09:44
© MidiNews 2012

2011, année des Pyrénées a permis de redécouvrir Eugène Trutat (1840-1910), savant et photographe, à travers deux expositions toulousaines (l’une au Muséum, l’autre aux Archives Municipales) et une belle monographie éditée dans la foulée par le Muséum d’Histoire Naturelle dont il fut le fondateur et le premier conservateur.

Aujourd’hui c’est le palais des Evêques de Saint-Lizier qui accueille jusqu’au 11 novembre l’exposition «Eugène Trutat, un regard sur le Couserans», une manifestation réalisée par la Conservation-musée départemental du Conseil général de l’Ariège, en partenariat avec le SESTA, à partir du fonds Eugène Trutat conservé au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse.

Scientifique, zoologiste, passionné par la préhistoire, l’archéologie, il se lie très tôt avec le préhistorien Emile Cartailhac ou l’abbé Cau-Durban avec qui il organise des expéditions scientifiques en Ariège, un pays qu’il affectionne particulièrement pour s’y retirer à partir de 1901.

Reporter avant l’heure, Eugène Trutat a photographié tout au long de sa vie son environnement et ses contemporains, offrant une image kaléidoscopique des Pyrénées au tournant du XXème siècle (20 000 images sont conservées à Toulouse, des clichés mais surtout des plaques de verre, dont certaines ont été utilisées pour réaliser des tirages papier afin d’illustrer cette exposition).

Jean Dieuzaide, très sensible à la qualité de ses photos a d’ailleurs organisé en 1984, une grande rétrospective à la galerie du Château d’Eau de Toulouse.

Infatigable témoin de son temps, Trutat a arpenté les montagnes, immortalisé les villages, les foires et les habitants laissant ainsi un témoignage inestimable sur les sociétés agropastorales avant les mutations de la révolution industrielle et l’exode rural.

Pionnier du photoreportage, il quadrille l’axe Toulouse-Foix-Luchon en compagnie de ses amis des sociétés savantes.

En 1875, la région de Saint Girons retient son attention, plus particulièrement la rivière «le Salat», les usines de Lédar, symbole de la révolution industrielle ou les fortes chutes de neige et les avalanches qu’il immortalise dans un ouvrage intitulé «Les Pyrénées sous la neige» (1895).

Le 5 août 1885 il n’hésite pas à gravir le Mont Valier avec son matériel photographique proche ancêtre du daguerréotype.

En 1905 il réalise la couverture photo de la cité de Saint-Lizier, il arpente les arrière-cours des maisons à pans de bois, le rempart gallo-romain ou le chevet de la cathédrale Notre Dame de la Sède pour découvrir un patrimoine encore à l’abandon.

Trutat, scientifique explore différents genres de photographies (macrophotographie ou stéréoscopie) pour ses études sur le Desman des Pyrénées, le sujet de sa thèse pour qui il livre en 1891 les premières connaissances sur cette espèce endémique.

Trutat humaniste et témoin de son temps a capté les attitudes des habitants des vallées pyrénéennes, notamment celle de Bethmale, une superbe galerie de portraits de paysans, d’ouvriers, bergers et guide de montagne… des gens humbles, symbole d’une ruralité en voie de mutation.

Un témoignage important en écho avec les collections ethnographiques collectées par Jacques Bégouën, exposées dans les salles du musée départemental.


Exposition «Eugène Trutat, un regard sur le Couserans» jusqu’au dimanche 11 novembre 2012, salle des expositions temporaires Palais des Evêques de Saint Lizier.

Renseignement 05 61 04 81 86

Pour aller plus loin:

Deux conférences sont organisées pendant la durée de cette exposition (entrée libre et gratuite)

Jeudi 10 mai à 20h45: «Eugène trutat, savant et photographique» par François Bordes, conservateur en chef du patrimoine et directeur des Archives municipales de Toulouse.

Jeudi 20 septembre à 20h45: «A la découverte du desman des Pyrénées» par Alain Bertrand président de l’association des naturalistes d’Ariège.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/04/2012 | 09:44 | Lu: 6479 fois