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Le Secours catholique dresse le portrait de la pauvreté en Ariège
17/11/2011 | 19:26
© MidiNews 2011
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A quelques jours de la publication de son rapport annuel national, les équipes départementales du Secours Catholique viennent de livrer les données qui concernent l’Ariège (pour l’année 2010).

Pour Bruno Anel (président du comité diocésain du Secours Catholique Ariège-Garonne), la situation se dégrade indubitablement, «même si c’est moins visible qu’au niveau national car le département était déjà assez pauvre à la base»

A noter que la délégation du Secours Catholique couvre deux départements: l’Ariège et la Haute-Garonne (avec 102 bénévoles en Ariège et des équipes à Foix, Pamiers, Saint-Girons, Lavelanet, Tarascon, Mirepoix, Mas d’Azil, Le Fossat).

Au cours de l’année 2010, 1250 personnes ont été rencontrées, «mais on estime que quand on aide une personne, son entourage en bénéficie aussi» précise Bruno Anel.

55% sont des femmes en situation monoparentale. Puis il y a 12% d’hommes seuls, 7% de couples, 26% de célibataires. Et globalement: 73% des personnes accueillies ont des enfants à charge.

Nouvelle évolution: en Ariège, 9% ont moins de 25 ans, «on retrouve donc en Ariège la tendance nationale qui indique que les jeunes sont de plus en plus nombreux dans les permanences caritatives» ajoute le président. Au niveau national, cette part de jeunes est de 12%.

Autre information, l’association a reçu 11, 4% d’étrangers (principalement du Maghreb et de l’Europe de l’Est).

En ce qui concerne la situation professionnelle des personnes accueillies: 70% sont au chômage, 11% sont handicapées, 5 % retraitées et 2% en CDI.

Le revenu mensuel est de 922 euros, «un revenu qui fait généralement vivre le foyer entier. La part de ce qu’il reste pour vivre après avoir payé les dépenses incompressibles (logement, charges, etc.) est donc très faible» complète Bruno Anel.

D’où viennent les personnes accueillies? 60% viennent de leur propre initiative, 12% sont orientées par le Conseil général, 5% par les CCAS (Centre Communal d’Action Sociale).

Plus de la moitié des demandes concernent l’alimentaire. Mais près de 30% sont des demandes d’aides financières, «l’essence et l’énergie sont les deux postes qui posent le plus de difficulté aux gens» complètent Bruno Anel. Les secteurs les plus en demande sont Pamiers, Tarascon et Foix.

Pour continuer à faire face à une pauvreté qui ne recule pas (au contraire), une quête destinée au Secours Catholique sera organisée dans les églises le dimanche 20 novembre.


Ressources des associations caritatives: les temps sont durs

La commission des finances de l’assemblée nationale vient d’adopter un amendement qui tend à assimiler les dons aux associations caritatives à une niche fiscale.

Si cet amendement était adopté, la part des dons déductibles de l’impôt sur le revenu passerait de 66% à 59%.

C’est sans surprise que les associations caritatives ont exprimé leur farouche opposition à cette mesure, qui risquerait de faire baisser le nombre de dons.

En ce qui concerne les fonds de l’Europe (qui menaçait de couper ses aides à l’aide alimentaire et qui vient d’accorder deux ans de sursis), «nous sommes satisfaits que l’Allemagne ait renoncé au véto qu’elle mettait sur l’aide alimentaire» notre Bruno Anel, «on verra dans deux ans»

Ces ressources européennes sont essentielles pour le Secours Catholique, «nous utilisons les services de la banque alimentaire de Toulouse, qui s’alimente pour bonne moitié sur les fonds européens»
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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 17/11/2011 | 19:26 | Lu: 7934 fois